Le mail qui tue

Je profite de la mise en place du site Mon.Service-Public.fr pour sortir de mes tiroirs un petit texte qui y sommeillait.

Le mail qui tue

Le temps de regarder ses mails, Chris se découvrit mort.

Un message du SIGNaL (Système d’Information Gouvernementale, Nationale et Légale ou Sodomie Informatique Générale, Nécrophile, Animale et Létale, comme disait Perry) était en effet arrivé sur son adresse officielle « christian.brequan45@citoyen.gouv.fr ». Là, au-dessus de tous les messages que l’Etat français et ses dépendances envoyaient à ses citoyens au cours de leur vie, avis d’imposition, amendes, récépissés de vote, etc., en apparaissait un dont l’intitulé ne laissait pas de doutes.

Un message d’un type commun, dont les destinataires n’avaient généralement pas l’occasion de prendre connaissance.

Un message dont l’envoi à Christian trouvait l’origine dans la faute d’un logiciel de reconnaissance de vocale, lors de la saisie d’un registre d’état-civil, une tâche décentralisée à un croque-mort qui prenait dans le même temps son déjeuner.

Un message qui s’intitulait : « CLOTURE DE VOTRE COMPTE CITOYENNETÉ INFORMATIQUE ».

De : admin@signal.gouv.fr
A : christian.brequan45@citoyen.gouv.fr
Date : 7 août 2023
Envoyé par : signal.gouv.fr

Monsieur,

Suite à l’avis de décès communiqué ce jour par l’Etat-Civil à nos services, nous avons le regret de clôturer votre compte informatique de citoyen « christian.brequan45@citoyen.gouv.fr ».

Sincères condoléances,

L’Administrateur

P.S. : Si ce message vous a été envoyé par erreur CLIQUEZ ICI.


Afin de contribuer au respect de l’environnement, merci de n’imprimer ce message qu’en cas de nécessité.

En cliquant sur le lien intitulé « Si vous pensez que ce message vous a été envoyé par erreur CLIQUEZ ICI », il entama les 20 mois de procédure qui devaient conduire à son retour de la mort civile.

RIDEP 2009 : Colcanopa

Dernier dessin, dernier message liés aux RIDEP.

Après la politique, j’en revins donc à un dessin  plus innocent (quoique) avec Colcanopa (une courte biographie sur le site des RIDEP), qui venait juste avant moi de s’attaquer à un couple amateur de girafes.

Vif comme l’éclair, Colcanopa n’hésita pas longtemps avant de s’attaquer à la feuille blanche.

Colcanopa en plein dessin

Colcanopa en plein dessin

Il fut tellement rapide et moi si occupé à deviner ce qu’il dessinait que je ne pensais à le prendre en photo qu’après l’avoir quitté.

la Justice n'a pas le nez fin

Le dessin de Colcanopa : la Justice n'a pas le nez fin

Décidément, après Vladdo, encore un que l’idée de Justice aveugle amuse.

Bien d’autres artistes étaient présent, mais leur succès, ou leur départ m’empêchèrent d’aller les voir, bien que j’ai toutefois pu apprécier de loin leur talent : Malcom Evans, Kal, Paresh Nath, …

L’année prochaine, peut-être.

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RIDEP 2009 : Million

Après Schvartz, allons voir son voisin, un homme au nom plein de richesse : le très sympathique Million (une courte biographie sur le site des RIDEP). Après l’avoir vu discuter avec un amateur de yourtes (comme quoi, il y avait vraiment variété de thèmes), je l’entreprends à mon tour de Justice, qui ne manque pas de l’inspirer.

Million à l'oeuvre

Million à l'œuvre

Et c’est une célèbre réplique de notre Donald Duck présidentiel qui fera les frais de son talent :

la justice à l'oeuvre

Le dessin de Million : la justice à l'oeuvre

Tiens, cet avocat audacieux me rappelle quelqu’un, mais qui ?

Et voilà la fin du volet personnalités politiques françaises des RIDEP, mais pas du volet RIDEP, avec un dernier artiste à évoquer.

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RIDEP 2009 : Schvartz

Après Rico, la France, donc, en commençant par le dessinateur Schvartz (une courte biographie sur le site des RIDEP). Et cette fois-ci, le dessinateur étant français, le thème de la justice va se traduire en politique avec la plus fameuse représentante de la justice en France.

Schvartz et son oeuvre

Schvartz et son oeuvre

Vous l’avez reconnue ? Non ? La voilà de plus près.

un portrait très fidèle

Le dessin de Schvartz : un portrait très fidèle

Vraiment, quelle ressemblance !

Hélas, la starlette de la place Vendôme, aux dents quelques peu limées, s’en doit aller prochainement vers une destinée européenne … Et la question désormais se pose : qui pour la remplacer ?

Mais assez de ces considérations politiques. Enfin, jusqu’au dessinateur suivant, qui lui aussi s’est amusé avec la politique pour parler de justice (ou le contraire).

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RIDEP 2009 : Rico

Donc, après l’Amérique du Sud, j’ai fait quelques pas pour me retrouver en Afrique du Sud, face au dessinateur Rico (une courte biographie sur le site des RIDEP).

Celui-ci se trouva devant moi face à une requête assez inhabituelle : 2 jeunes filles lui expliquèrent en effet que pour préparer un exposé sur les scandales sexuels, elles demandaient aux dessinateurs présents de traiter du sujet. Et les demoiselles d’ajouter quelques références à la Lolita de Nabokov et à Rimbaud qui les désignaient comme des littéraires.

Pas forcément les plus faciles des choses à traduire pour la pauvre interprète, ni à dessiner pour Rico, et il prit quelques minutes pour trouver l’inspiration.

C’est pourquoi j’entrepris de le rassurer en lui expliquant mon propre thème quand mon tour fut venu.

Que va dessiner Rico ?

Que va dessiner Rico ?

Après une rapide discussion, il décida de mettre en scène les personnages de son strip Madam and Eve, une bourgeoise sud-africaine et sa femme de ménage, avec en bonus, une apparition de l’auteur de ces mots.

l'avocat, c'est moi !

Le dessin de Rico : l'avocat, c'est moi !

La grande classe, devenir une guest star dans un strip ! Après avoir chaleureusement remercié l’artiste, j’ai décidé qu’il était temps d’aller voir les invités français.

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RIDEP 2009 : Vladdo

Après Cuba, je me dirigeais vers la Colombie, avec le dessinateur Vladdo (une courte biographie sur le site du RIDEP). Il mettait gratuitement à disposition un journal intitulé Un Pasquín, c’est-à-dire, comme me l’a indiqué sa charmante interprète, Un Torchon !

Le torchon en question

Le Torchon en question

Il s’agit d’un mensuel politique d’opposition au Président colombien Álvaro Uribe.

Hésitant à instant à me faire caricaturer comme la personne passée devant moi, j’ai laissé au dessinateur le choix entre une caricature et un dessin sur le thème de la Justice, et il  a opté pour le second.

Vladdo a trouvé l'inspiration

Vladdo a trouvé l'inspiration

Et voici le résultat :

la justice aveugle fonce dans le trou

Le dessin de Vladdo : la justice aveugle fonce dans le trou

Après l’avoir remercié chaleureusement, je m’en suis allé vers de nouvelles aventures, toujours dans l’hémisphère sud, mais en Afrique, cette fois.

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RIDEP 2009 : Falcó

Une fois équipé de feuilles, je suis passé devant des cartoonistes états-uniens assaillis de visiteurs pour m’attarder devant les artistes sud-américains. Mon premier dessin fut l’œuvre du dessinateur cubain Falcó (une courte biographie sur le site du RIDEP).

Falcó

Le dessinateur Falcó en plein travail

Mais avant de le solliciter, je m’étais fixé un thème pour les dessins de la journée : La Justice, thème assez large auquel j’apportais au fil de la journée diverses précisions en fonction de mes interlocuteurs. Je n’étais d’ailleurs pas le seul à m’être fixé un thème, mais j’en reparlerais plus tard.

Voilà le donc le dessin de Falcó sur le thème de la justice :

Le dessin de Falcó

Le dessin de Falcó : une balance mondiale pas très équilibrée

Le riche hémisphère nord pesant plus lourd que le pauvre hémisphère Sud, comme il me l’a expliqué avec l’aide de sa sympathique interprète et de mes restes d’espagnol.

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RIDEP 2009

Après une longue absence de ce blog, me voilà de retour, pour parler des RIDEP. Les RIDEP, kesaco ? Ce sont les Rencontres Internationales du Dessin de Presse qui ont lieu tous les ont dans la ville de Carquefou à l’Espace culturel et de loisirs de la Fleuriaye.

Et comme leur nom l’indique elles rassemblent des dessinateurs de presse du monde entier. Après des années à en entendre parler sans prendre le temps d’y aller, j’ai fini par sauter le pas pour y aller dimanche dernier, pour leur 10ème édition.

public-ridep-m

Au premier plan à gauche, le dessinateur Million, et au second plan, son collègue Schvartz.

J’avais d’autant moins d’excuse pour ne pas y aller que l’entrée en est gratuite. Légèrement désorienté au début par la configuration des lieux, j’ai fini par trouver mon chemin jusqu’à la salle dans laquelle étaient rassemblés les dessinateurs.

Pour obtenir un dessin d’un des ces talentueux artistes, il suffisait d’acheter à l’accueil des feuilles estampillées RIDEP au prix modeste de 20 centimes l’unité, somme reversée à un organisme dont, honte à moi, j’ai oublié le nom (je crois que c’est la Maison des Journalistes).

J’ai donc profité de l’occasion pour obtenir quelques desssins, que je vous présenterait dans de prochains messages, tout en admirant les oeuvres exposées sur les murs.

Je n’ai par contre pas profité des débats ou des séances de cinéma proposées (C’est dur d’être aimé par des cons le samedi, et Persepolis, que j’avais déjà vu,  le dimanche, au prix de 2 euros la séance).

Ce fut un agréable après-midi, passé auprès d’auteurs sympathiques et disponibles, accompagnés lorsque le besoin s’en faisait sentir d’interprètes de la même trempe. Le public enfantin était particulièrement présent et apprécié des artistes, qui, l’après midi touchant à sa fin, commencèrent à s’en aller les uns après les autres pour attraper qui l’avion, qui son train, laissant les quelques courageux restant assaillis par un public tardif. C’était l’heure du départ.

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Utopiales 2008 : Bilan

Les Utopiales sont finies et il est temps de faire le bilan des deux jours que j’y ai passé le week-end dernier.

Cinématographique tout d’abord : 4 long métrages, un moyen, une dizaine de courts :

  • From Inside, film américain d’animation quasi inanimé, de John Bergin. Une oeuvre composée de tableaux et d’un peu de 3D se déroulant dans un univers post-apocalyptique, sur les traces d’un train et d’une de ses passagère qui ne sait comment gérer sa grossesse dans cet univers désolé. A déconseiller aux femmes enceintes et à ceux qui souhaitent un peu de mouvement. A réserver à ceux qui se sentent une âme d’esthète ou de poète triste.
  • Sleep Dealers, film mexicain de science-fiction, d’Alex Rivera, qui traite des relations entre travailleurs mexicains et puissants américains, dans un monde ou il n’y plus d’immigration entre les deux pays, mais des robots qui accomplissent le travail au Etats-Unis, télécommandés depuis le Mexique par des travailleurs réunis dans des usines surnommées « Sleep dealers ». Un film efficace qui exploite quelques bonnes idées (l’écrivain devenu vendeur de souvenirs, le télétravail étendu aux travaux manuels, la privatisation de l’eau) à l’aide d’effets spéciaux surprenants de qualité et utilisés à bon escient. Le développement de l’histoire est relativement convenu, mais il serait quand même dommage de rater le film à sa sortie française dans une quarantaine de jours tant le propos est juste et rare au cinéma.
  • Before the Fall (Très Dias), un film espagnol de F. Javier Gutiérrez mélangeant science-fiction (avec l’annonce de l’approché d’une météorite qui détruira le monde dans 3 jours, sans que les américains n’y puissent rien faire) et thriller (avec un homme qui doit protéger les enfants de son frère contre un assassin, tout en refusant de leur expliquer ce qui se passe autour d’eux). Un film qui s’installe dans une attente assez pesante, mais réussit à produire quelques surprises avant de se conclure sur une dernière image un peu trop convenue. Un contrepoint bienvenu à des films comme Armageddon ou Deep Impact.
  • Shadows, film macédonien de fantômes de Milcho Manchevski. Trop long (plus de deux heures), malgré de belles images, mais une pénurie d’idées originales.
  • Un peu, beaucoup, voire pas du tout … un moyen métrage français de Thierry Espasa sympathique qui met en scène différentes rencontre d’un speed dating dont le lien avec le festival  et son thème (Les Réseaux) était très ténu.
  • Les courts étaient de qualité (même si certains manquaient cruellement d’originalité dans le scénario, tels Morsure, ou Vault), avec une préférence pour Skhizein de Jérémy Clapin.

Le bilan des auteurs sera plus simple, je n’aurais rencontré que Laurent Sieurac, très sympathique dessinateur de bande dessinée (Les Princes d’Arclan, l’adaptation de l‘Assassin Royal) avec lequel j’avais fait connaissance IRL il y a quelques mois sur Rennes, me consacrant aux amis qui m’accompagnaient plutôt qu’à la chasse aux dédicaces.

Quand au bilan des achats, il est relativement succinct :

  • La Grande Faucheuse de James Morrow, dernier roman de la Trilogie de la Divinité mettant en scène le cadavre de Dieu
  • Carbone Modifié de Richard Morgan
  • L’Enigme de l’Univers de Greg Egan

Les expositions m’auront laissé une impression moyenne. Si L’expo qui rend fou, consacrée à Lovecraft, présentait de belles choses, et les téléphones importables méritaient le détour, les autres étaient soient décevantes, soit mal mises en valeur.

Cela reste tout de même une bonne cuvée, et j’y reviendrais avec plaisir l’année prochaine.

Mal ligués ?

Je viens de finir de lire La Ligue des Héros, premier roman du Cycle de Kraven, par Xavier Mauméjean.

Quelque part, j’ai l’impression d’avoir été floué. Cela commence comme une énième revisitation des héros de la fin du XIXème siècle, un savant mélange de références, pastiches, à la manière de ce qu’on déjà su faire, avec talent Alan Moore, Warren Ellis, Kim Newman, dont la principale épice est l’insertion de l’univers de Peter Pan. Puis, cela se transforme ensuite en roman paranoïaque, avant de conclure sur un jeu d’illusion sans grande saveur et pas très convainquant.

Les deux première parties ont leurs mérites propres quoique limités et sont relativement satisfaisantes mais la fin ressemble à une improvisation, un bâclage très peu satisfaisant pour des rasions que je ne saurais exposer sans en révéler la teneur.

J’espère que le second roman du Cycle saura conjurer cette impression, sans quoi je crains devoir abandonner Mauméjean, qui m’avait pourtant fait bonne impression avec son Car je suis Légion.